Cibombo

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Le site de Cibombo (Tshibombo)

 

Mise à jour : 17-08-2019

 

En 1993, les autorités de Mbuji-Mayi ont été incapables de loger cet afflux subi de plus de 60.000 réfugiés kasaïens chassés du Katanga et arrivant chez eux, ne parlant même plus le "Tshiluba", la langue locale des Kasaïens, mais bien le "Swahili" en usage au Katanga.  Elles ont donc préféré installer ces réfugiés à Cibombo (Commune de Bipemba - District de Tshilenge) à une dizaine de kilomètres à l'ouest de Mbuji-Mayi au nord de la route N1 (devenue avec le temps une simple piste en terre) reliant Mbuji-Mayi, la capitale du Kasaï Oriental, à Kananga, capitale du Kasaï Occidental.  Le site de Cibombo est constitué d'une savanne herbeuse longeant la route sur 3 kilomètres, avec une profondeur de 2 kilomètres, située à une altitude moyenne de 735 mètres et qui a été divisée en 2300 parcelles, réparties le long d'axes horizontaux et verticaux sensés représenter les rues ou avenues, en réalité de simples chemins de terre, tracés par le piétinement des passages.  Vous pouvez observer Cibombo depuis Satellite via le programme "Google Earth" avec les coordonnées suivantes : 6° 06' 00 Sud - 23° 30' 54" Est. Ci-dessous, une photo satellite de Cibombo prise le 9 juin 2019. Si vous disposez du programme "Google_Earth" sur votre ordinateur, vous verrez la vue la plus récente du site de Cibombo en cliquant sur le lien suivant : Cibombo_vu_par Google_Earth

Vous pouvez encore utiliser le pointeur suivant : Voir Cibombo ou Voir Cibombo en détail (Vous devez disposer de "Google Earth" sur votre ordinateur pour cela. Agrandissez l'image avec la roulette de votre souris, et puis cliquez sur Affichage, Réinitialiser, Inclinaison et Boussole).


IPAMEC y a acquis depuis 1996 une, deux, puis trois et finalement 10 parcelles contigues de 20 m sur 30 m (Voir Centre-IPAMEC-Cibombo). Ainsi, le Centre de Développement d'IPAMEC à Cibombo s'étend maintenant (08/2019) sur un terrain de 100 mètres sur 60. Voyez la photo satellite de juin 2019 ci-dessous.

Aucune infrastructure n'a été construite dans le camp de Cibombo par les autorités, ni voirie carrossable, ni point d'eau, ni électricité, ni égoutage.  C'était la savanne, un point c'est tout.  Pour les Européens qui ne connaissent pas très bien ces notions, la savanne, c'est une plaine herbeuse, de nature argilo-sableuse, au sol très pauvre et où ne pousse pratiquement aucun arbre : ce sont des herbes légères très sèches partout.  Le climat est de type équatorial, avec une saison sèche de quatre mois (de Mai à Août), et une saison des pluies de 8 mois (de Septembre à Avril), durant laquelle les fortes chutes de pluies provoquent une érosion des sols dévastatrice de l'ordre de 5 à 8 cm par an.  Sur l'équateur, le soleil se lève et se couche tous les jours à la même heure (6 heures et 18 heures) et les nuits, complètement noires sans électricité, sont longues, les trajets impossibles et la sécurité très aléatoire.

 

En 1993, les refoulés se sont immédiatement construits des abris au toit de chaume et en murs d'argile mêlée à de l'herbe.  Quelques branchages consolidaient le tout.  L'eau n'y existait pas, il fallait aller la chercher à 3,5 kms de Cibombo dans la rivière Nzaba, située au sud de la grand route Mbujimayi - Kananga et parcourir les 3,5 kms retour avec un bassin de 15 litres sur la tête ou deux bidons de 20 litres aux mains.  Cette eau est toujours fortement souillée par les animaux, les gens qui s'y baignent, les lessives que les ménagères y font, les boues charriées par la saison des pluies. Heureusement, aujourd'hui (août 2019), le Centre IPAMEC recueille de l'eau de pluie sur près de 2000m² qui est stockée dans deux citernes souples de 500m³, potabilisée par filtration et adjonction de chlore et distribuée à la population moyennant une légère contribution.  Cependant, ces réserves ne suffisent pas encore en saison sèche, et l'effort doit être poursuivi dansce domaine.

 

Inutile de préciser que dans ces conditions de 1993, la mortalité a été extrême.  De 1993 à aujourd'hui, la population du camp de Cibombo est passée de 60.000 à 14.500 habitants.  Les habitants n'avaient d'autres choix que de se déplacer jusqu'à Mbuji-Mayi (10 kms) pour proposer leurs services en échange de nourriture ou de vêtements.  Rapidement, les jeunes gens ont versé dans la rapine et le vol, les jeunes filles dans la prostitution, car il fallait que tous s'y mettent pour rapporter quelque nourriture à la famille. 

 

Le résultat de cette situation est que cette population, chassée du Katanga, qui était éduquée, qui vivait normalement, avec du travail pour chacun dans la famille, dans une qualité de vie sanitaire et culturelle tout à fait remarquable, s'est retrouvée après cet affreux exode dans la misère la plus noire, avec une mortalité très élevée et avec des enfants déscolarisés et obligés de s'enfoncer dans une vie dévergondée simplement pour pouvoir survivre.


Aujourd'hui (août 2019), ce village méprisé est devenu un village admiré dans les environs de Mbujimayi grâce à la volonté de ses habitants de sortir eux-même de leurs problèmes, par une action commune de formation et d'entraide et leur adhésion aux

"Initiatives des Paniers de la Ménagère de Cibombo"